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vu du Portugal: Régularisation temporaire pour les immigrés

À l’abri d’une décision exceptionnelle, les immigrés ayant déjà entamé les démarches de régularisation avant la crise sanitaire bénéficient d’une régularisation temporaire.
(Marie-Line Darc – La Croix du 4/5/2020)

Braier est en télétravail pendant le confinement. Ce jeune Brésilien, ingénieur en informatique, a, dit-il, la chance d’avoir un « chez-lui ». Arrivé au Portugal en février 2019, Braier a entamé aussitôt les démarches pour la régularisation de sa situation car il avait déjà un emploi. S’en est suivie une difficile bataille pour obtenir un numéro de sécurité sociale, bien que lui-même et son employeur cotisent.

Son dossier pour l’obtention de l’autorisation de résidence a fini par être bouclé. Il ne lui manquait plus que la dernière étape, obtenir l’accord final du service d’immigration (SEF). « C’est un peu curieux. Je ne suis ni légal, ni illégal. Mais je ne peux pas prendre le risque de sortir du Portugal pour aller voir ma famille au Brésil. Ils pourraient ne pas me laisser rentrer. » Le jeune homme se félicite de la décision des autorités portugaises, qui permet aux immigrés de bénéficier des aides sociales ou financières mises en place pour faire face à l’épidémie de coronavirus.

Même constat pour Camila Grimaldi. « Je travaillais dans une agence d’événementiels. Mais tout s’est arrêté avec l’épidémie. La mesure de régularisation me permet d’actionner les aides pour les travailleurs indépendants bien que je sois étrangère », explique cette autre jeune Brésilienne, étudiante en master d’art à la faculté de Lisbonne. L’arrêté ouvre l’accès aux compensations financières en cas de perte d’emploi ou de garde d’enfants en raison de la fermeture des écoles, mais également aux allocations de chômage et à la couverture sociale.

La démarche est saluée par les associations d’aide aux immigrés. « Elle permet d’intégrer une population d’habitude oubliée dans le discours politique. C’est une attitude unique en Europe. Mais nous ne pouvons oublier que la mesure est limitée dans le temps », dit Cynthia de Paula, présidente de l’association Casa do Brasil. Les Brésiliens constituent la première communauté étrangère au Portugal. Ils sont souvent employés dans les commerces et les services, dans le tourisme.

D’autres communautés sont moins visibles, comme celles des travailleurs agricoles dans le centre et le sud du Pays, parmi lesquelles des cas de Covid-19 ont été identifiés. Les ONG et les associations auraient aimé une extension de la mesure de régularisation à tous, même s’ils sont au tout début de leur démarche. « La mesure répare une sorte d’injustice. En 2018, l’État a engrangé 750 millions d’euros de cotisations sociales de la part des immigrés, mais ne leur en a redistribué que 96 millions d’euros aux titres des allocations sociales », explique Aurélie Rosado, juriste, qui travaille à l’association Renovar a Mouraria. Sauf décision contraire d’ici là, le décret du 27 mars 2020 sera caduc au 30 juin 2020. Il faudra ensuite reprendre le cours chaotique de la demande de régularisation.

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